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LE JEUDI 3 DÉCEMBRE 2015

Être bien préparé pour une entrevue d’embauche

Dans un monde où de moins en moins de travailleurs passeront leur vie à occuper un seul emploi pendant toute leur carrière, il devient primordial de maîtriser tout ce qui entoure le processus de recrutement.

Une analyse effectuée par la firme Workopolis à partir de sa banque de sept millions de curriculum vitae canadiens en 2014 révèle que plus de la moitié des baby-boomers ont occupé le même emploi pendant plus de 20 ans. Les travailleurs de la génération X ont quant à eux occupé, en moyenne, plus de trois emplois au cours des 12 dernières années tandis que la génération Y était presque à quatre emplois en moyenne pour la même période.

Pour ceux qui n’ont pas l’habitude des entrevues d’embauche, difficile de savoir exactement comment s’y préparer. Le Canada Français a donc rencontré Hélène Ménard, conseillère en ressources humaines agréée (CRHA) et présidente de Solutions R.H. PME, ainsi que Linda Bergeron, directrice adjointe chez Synergie Hunt International et coordonnatrice du bureau de Saint-Jean-sur-Richelieu, pour tenter de clarifier certains aspects du processus de recrutement.

Carte de visite

Tout commence avec le CV, indiquent les deux spécialistes du recrutement. Il faut être concis et répondre aux exigences de l’offre d’emploi.

«C’est la carte de visite, explique Mme Bergeron. On se met en marché soi-même. On y met les éléments les plus punchés et ce qui est recherché par l’employeur. Si on a besoin de connaître le logiciel Acomba et que c’est sur la troisième page, c’est raté.»

Pour qu’un CV devienne intéressant, il faut qu’au moins trois des critères demandés dans l’affichage se trouvent facilement dans une première lecture en diagonale, affirme quant à elle Mme Ménard.

Les photos sur le CV sont à proscrire, tranche Linda Bergeron. Ce n’est pas très bien vu.

Première impression

Une fois convoqué en entrevue, le candidat devra faire attention à sa présentation générale. La première impression devant un éventuel employeur sera cruciale.

«La première impression est très importante, souligne Hélène Ménard. La poignée de main doit être ferme. Ne soyez pas en retard, à moins d’un cas de force majeure. Si vous arrivez une minute après l’heure convenue, la personne devant vous se dira que vous ne serez jamais à l’heure. On voit encore des gens avec du linge souillé ou des mains sales. Ça ne fonctionne pas.»

Cette première impression débute avant même d’entrer dans le bureau pour l’entrevue. Linda Bergeron révèle que, bien souvent, la réceptionniste donnera ses commentaires au patron. Quelqu’un qui est désagréable, sacre ou qui parle fort au téléphone perdra des points… et probablement la chance d’être embauché.

«Ne venez pas accompagné non plus, ajoute-t-elle. Laissez votre chum ou votre blonde chez vous. Si vous avez une urgence et devez vous occuper de vos enfants, il est préférable de remettre l’entretien à plus tard. C’est plutôt difficile de répondre à des questions quand on doit gérer ses enfants en même temps.»

Image virtuelle

Dans la même veine, soignez votre image virtuelle. Si un CV est intéressant, il est presque sûr que l’employeur ira voir vos profils Facebook, Twitter et LinkedIn. Mme Ménard et Mme Bergeron estiment qu’entre 70% et 80% des employeurs vont scruter vos profils.

«Si vous en avez un et qu’il est public, votre compte de média social devra être professionnel, conseille Linda Bergeron. On voit beaucoup de choses chez les plus jeunes candidats. Il existe une façon d’ajuster les paramètres pour que tout ne soit pas accessible.»

Hélène Ménard, conseillère en ressources humaines agréée et présidente de Solutions R.H. PME.

SALAIRE

La question qui tue demeure celle du salaire en entrevue. Doit-on en discuter? Et si oui, comment l’aborder?

Si l’affichage mentionne que le salaire est à discuter, cela signifie que l’employeur est ouvert à en parler. Si l’affichage mentionne le montant du salaire, on perd son temps à négocier.

Le plus difficile reste lorsque l’offre d’emploi n’en fait pas mention.

Comme il s’agit de la question la plus épineuse, mieux vaut attendre à la fin de l’entrevue pour aborder le sujet, croit Linda Bergeron.

Une fois le sujet abordé, la meilleure manière de procéder sera d’expliquer la situation

à son emploi actuel, ce qui donnera un point de repère à l’employeur.

«Je conseille aux gens de décrire leur salaire actuel et de dire qu’ils sont prêts à bouger pour un peu plus, précise quant à elle Hélène Ménard. Qu’on n’est pas malheureux où on est, qu’on cherche un défi. Il faut aussi se rappeler que, souvent, il y a une enveloppe globale pour le salaire et les avantages sociaux. On peut compenser d’un côté ou de l’autre.»

ÉQUIPE

Les gens ont tout intérêt à donner le meilleur d’eux en entrevue, observe Linda Bergeron. Les employeurs ne sélectionnent pas toujours le candidat le plus compétent. Ils optent la plupart du temps pour celui qui s’intégrera le mieux à l’équipe.

Quatre informations a savoir
Linda Bergeron, directrice adjointe chez Synergie Hunt International
et coordonnatrice du bureau de Saint-Jean.

Voici quatre informations à savoir avant de passer une entrevue, de même qu’après en avoir passé une pour obtenir un emploi.

1)Un CV sur une seule page?

Hélène Ménard (HM): Non. Mais deux pages maximum. Les PME n’ont pas le temps de lire un CV de cinq ou six pages à la quantité qu’ils reçoivent.

Linda Bergeron (LB): Non. Deux ou trois pages, c’est correct. Il faut toutefois aller à l’essentiel rapidement. En moyenne, 11 secondes sont nécessaires pour déterminer si on retient ou non le CV.

2) Encore utile, la lettre de motivation?

HM: C’est plus une formalité, même si c’est très utile pour certains postes en communications ou en marketing. On commence par lire le CV avant la lettre. On n’écarte pas quelqu’un parce que sa lettre n’est pas wow.

LB: Elle sert à résumer d’où on vient et où on veut aller. Utile pour

quelqu’un qui change de carrière.

3) Recevoir un appel après l’entrevue: est-ce la norme?

HM: Les consultants et les chasseurs de têtes le font, mais c’est rare pour les entreprises. Mais ça devrait être la norme.

LB: Malheureusement, la plupart des gens n’auront pas de retour.

C’est difficile de faire le suivi avec tout le monde, surtout si on pourvoit plusieurs postes en même temps.

4) Doit-on rappeler l’employeur potentiel pour avoir des nouvelles?

HM:Si on n’a pas eu de nouvelles après l’entrevue, oui, c’est une bonne chose d’effectuer le suivi après trois semaines.

LB:Si on dit qu’on donnera des nouvelles et qu’on n’en a pas, oui, on peut le faire après le délai. S’il n’y avait pas d’entente préalable, ça vaut toujours la peine de manifester son intérêt dans les 24 à 48 heures après l’entrevue.